Poèmes épars

Auteur : Gaston Miron

Poèmes épars

Je le pense : ce monde a peu de réalité je suis fait des trous noirs de l’univers Parfois quelquefois, en quelque lieu d’un paysage bouge une splendeur devant soi qui repose là dans sa migration et l’amertume d’être un homme se dissipe.

Voici rassemblés, pour la première fois, dans une édition préparée par Marie-Andrée Beaudet et Pierre Nepveu, des poèmes que Gaston Miron a écrits entre 1947 et 1995 et qu’il a publiés pour la plupart dans des revues et des anthologies. La quête de la « femme sans fin », l’angoisse des lointains, le souci du pays et de l’héritage : hors de L’homme rapaillé, c’est le poète semblable à lui-même et pourtant toujours inépuisablement neuf.

Paru le 17 avril 2003

Éditeur : L’Hexagone

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.