Poèmes et collages

Auteur : Jean Rousselot

Poèmes et collages

Poète de l’angoisse, teintée d’humour et de fraîcheur, il fut l’ami de nombreux poètes dont Max Jacob, Pierre Reverdy, Jules Supervielle, Eluard, et prit part à l’école de Rochefort.
Pendant la guerre, il participe activement à la Résistance (F.F.L.). Il a présidé la Société des Gens de Lettres et est membre de l’Académie Mallarmé.
Jean Rousselot a publié de très nombreux livres de poèmes, des anthologies, des romans, des essais et biographies, des livres sur les peintres. Il a également traduit les sonnets de Shakespeare.
Dans la préface du livre « Poèmes et Collages » (Nanga, 2002), Jean Rousselot révèle qu’il réalise des collages depuis trente ans « avec beaucoup plus d’ambition » que la peinture et le dessin qui l’ont pourtant toujours accompagné en marge de son activité littéraire. Si ses peintures et dessins sont - en fonction des époques - figuratifs ou abstraits, ses collages sont exclusivement abstraits. Par rapport à ses poèmes, il précise : « Si j’ai deux cordes à mon arc, elles ne s’entremêlent pas. »

Paru le 1er octobre 2002

Éditeur : Nanga

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.