Poèmes pour affronter le beau temps

Auteur : Pierre Soletti

Poèmes pour affronter le beau temps

Ces Poèmes pour affronter le beau temps & profiter du mauvais sont des considérations humoristiques sur le temps qui passe et la scansion des saisons. La forme répond au fond du texte : ainsi le mot tunnel devient-il graphique grâce à deux -nn- agrandis. Le mauvais temps, quant à lui, s’écrit en gouttes de pluie. Les illustrations, des gravures rehaussées à l’encre, ont été peintes à partir des poèmes par Clothilde Staës (déjà paru au Port a jauni, Poèmes en paysages).

Ces poèmes peuvent être lus par tous les temps, en toutes saisons et à partir de sept ans.

Illustrations de Clothilde Staës, traduit en arabe par Georges Daaboul.

Écouter les poèmes
Lecture bilingue : Mohammad al-Rashi, Catherine Estrade, Vincent Commaret et Judi al-Rashi.
Adaptation sonore : Catherine Vincent.

Paru le 3 décembre 2018

Éditeur : Le Port a jauni

Genres de la parution : Recueil Version bilingue Jeunesse

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage