Poèmes

Le coeur qui bat

Gabriel Mwènè Okoundji

Le coeur qui bat ne se réjouit pas de la blessure du ver de terre
le coeur qui bat soutient le combat de l’homme face aux chimères
le coeur qui bat révèle le murmure du sentier quand vient le doute
Tout homme a deux mains : la main qui nourrit et la main qui reçoit
la main qui nourrit est offrande : ne mords pas la main qui nourrit !
Dans la main qui reçoit advient le monde : promesse que tient la vie !
ne mords pas la main qui nourrit, n’offense pas la main qui reçoit
Frère, le sang du (…)

les statues ne meurent pas

Laurent Grison

à Ousmane Sow
lutteur masaï
bronze né de la terre
veille l’histoire ébréchée
(chair rouge et peau vive
se consument dans la fonte
des flux contraires)
lutteur zoulou
geste rituel
brave les affres de l’Afrique
(dans la libre lumière
s’écrit le poème noir
de l’humanité)
lutteur nouba
grande figure
anime l’espérance

Afroascendance

Suzanne Dracius

Afrodescendante, afrodescendante…
Plutôt qu’afrodescendante,
elle se sent afromontante,
forte de son afroascendance.
Non, ses racines africaines ne l’entravent pas.
Bien au contraire, en femme debout,
en Caribéenne surtout,
elle sent que, grâce à elles,
tel un arbre elle pousse, elle s’élève.
Elle ne se prend pas les pieds dans ses racines.
En équilibre, libre, elle danse,
au fil de son afroascendance.
Elles sont aériennes, ses racines,
ascensionnelles, sensationnelles,
à l’instar des (…)

Comme un oiseau bleu…

Tanella Boni

comme un oiseau bleu
porteur de grains multicolores
dans un jour qui se meurt
je marche la parole haute
dans une forêt de lianes
sur une toile d’araignée
poème est mon nom d’initiation
espoir mon code passeur d’étoiles
Tanella Boni,
Extrait de "Jusqu’au souvenir de ton visage",
Alfabarre / 2011

L’île du dedans

Zéno Bianu

Infiniment proche et le désespoir n’existe pas

Catherine

Alain Duault

Découvrir ci-dessous l’interprétation par deux élèves du lycée JASA de Fontainebleau

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes