Poèmes

Purgatoire, La Divine Comédie

Dante Alighieri

Me vint un tel désir sur le désir
d’être là-haut qu’à chacun de mes pas
je me sentais pousser des ailes et bondir.

Dante Alighieri
Purgatoire, La Divine Comédie, Traduit de l’italien par Danièle Robert, Actes Sud, 2018.

Les Provinciales

Ferme les yeux, tout ce que tu vois t’appartient.

Jean Giraudoux
Les Provinciales

Méditations poétiques

Alphonse de Lamartine

Des rapides printemps respire au moins les fleurs.

Alphonse de Lamartine
Méditations poétiques

Saison de fièvre

Ana Istarú

Yo soy el día.
Mi pecho izquierdo la aurora.
Mi otro pecho es el ocaso.

Je suis le jour.
Mon sein gauche l’aurore.
Le droit, le crépuscule.

Anna Istarú
Saison de fièvre, Traduit de l’espagnol (Costa Rica) par Gérard de Cortanze, La Différence, Éditions Unesco, 1997.

Amphitryon

L’attente d’un retour ardemment désiré,
Donne à tous les instants une longueur extrême ;
Et l’absence de ce qu’on aime,
Quelque peu qu’elle dure, a toujours trop duré.

Molière
Amphitryon, Acte II, scène 2.

Lettre à sa fille

Pour avoir de la joie, il faut être avec des gens réjouis.

Madame de Sévigné
Lettre à sa fille, depuis Auxerre, samedi 16 juillet 1672

Pérégrinations du Pierrot solaire

Zéno Bianu

Voilà
le monde reste beau
impunément
il n’a pas peur
du noir
il coule de source
toujours

Zéno Bianu
« Pérégrinations du Pierrot solaire »

Le désert vivant

Lorand Gaspar

Au cœur du rien tout est floraison. La vie est un tout dans le tout, à prendre ou à laisser. Si je ne veux prendre que ce qui m’arrange, je perds tout.

Lorand Gaspar
Le désert vivant, Éditions Le temps qu’il fait, 2004.

Nouveaux Poèmes 1930-1934

Ossip Mandelstam

J’aime à voir ourdir la trame quand
après deux, trois… parfois quatre
suffocantes vagues d’apnée
vient le soupir libérateur.

Et comme il est grave et bienfaisant,
lorsqu’enfin advient l’instant
où, à travers mon balbutiement,
l’arc soudain vibre, et se détend.

Ossip Mandelstam
Nouveaux Poèmes 1930-1934, Traduit du russe par Christiane Pighetti, Éditions Allia, 2018.

Où vivre, sinon ?

Philip Larkin

Is it for now or for always
The world hangs on a stalk ?
Is it a trick or a trysting-place,
The woods we have found to walk ?

Is it a mirage or a miracle,
Your lips that lift at mine :
And the suns like juggler’s juggling-balls,
Are they a sham or a sign ?

Shine out, my sudden angel,
Break fear with breast and brow,
I take you now and for always,
For always is always now.

Philip Larkin
Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.