Poésie religieuse & calligraphie imprimée à Paris au XVIIème siècle.

Poésie religieuse & calligraphie imprimée à Paris au XVIIème siècle.

COLLECTIF - essai

Autour de " La Chartreuse " de Pierre Perrin, poème imprimé par Pierre Moreau en 1647.
In-folio avec de nombreuses illustrations.
Volume publié sous la direction d’Isabelle de Conihout et Frédéric Gabriel.
Préface d’Henri-Jean Martin, et études d’Isabelle de Conihout (Conservateur en chef à la Bibliothèque Mazarine), Maxime Préaud (Directeur de la Réserve du Département des estampes de la Bibliothèque Nationale de France), Jean Duron (directeur de l’Atelier d’études sur la musique française des XVIIe & XVIIIe siècles, Centre de Musique Baroque de Versailles ; UMR 2162 du CNRS), Christian Paput (Maître graveur au cabinet des Poinçons de l’Imprimerie Nationale, enseignant à l’Ecole Estienne), Frédéric Gabriel (Ecole Pratique des Hautes Etudes).
- Lire l’édito de Frédéric Gabriel-

La découverte sur les rayons de la Bibliothèque Mazarine d’un magnifique exemplaire, relié en vélin doré semé de fleurs de lis( pour Anne d’Autriche ?), d’un livre presque inconnu de Pierre Perrin, est à l’origine de cette publication en fac-similé, accompagnée d’études fouillées sur l’imprimeur, l’auteur et le texte. Aussi remarquable par son contenu que par sa forme, « La Chartreuse ou la sainte Solitude » est l’un des rares livres imprimés entre 1643 et 1648 par l’inventeur de caractères d’imprimerie imitant la calligraphie, Pierre Moreau (c ;1600-1648). Ce personnage original du XVIIe siècle, jusque là peu étudié, chercha à rivaliser en typographie avec les somptueuses productions des calligraphes de son époque - dont le plus célèbre reste Nicolas Jarry. A l’aide de documents inédits, Isabelle de Conihout retrace la carrière de Pierre Moreau, calligraphe, dessinateur, graveur, imprimeur et pédagogue, et dresse une bibliographie de ses éditions, une trentaine de titres, dont une vingtaine non décrits jusqu’ici.
Maxime Préaud propose une synthèse sur les graveurs en lettres, tandis que Christian Paput présente les caractères typographiques de Moreau, retrouvés au Cabinet des Poinçons de l’Imprimerie Nationale. Ils y étaient entrés au début du XIXème siècle avec le matériel de l’imprimerie Hérissant.
Le musicologue Jean Duron met en valeur certains traits de la personnalité de l’auteur du poème, Pierre Perrin (c.1620-1675). Si le personnage est un peu connu des bibliophiles, grâce à sa traduction de l’Énéide, l’œuvre de Perrin est encore peu fréquentée. C’est toutefois un poète raffiné qui sut inventer un art d’écrire particulier, un genre poétique parfaitement adapté au chant, qu’il nomma « paroles de musique ». Bien implanté à la Cour, il remodela entièrement l’air sérieux et à boire, la chanson, et tous les genres poétiques liés à la musique. Il s’intéressa aussi, pour la Chapelle du roi Louis XIV et dans le même esprit, aux textes latins pour l’Elévation ou pour divers offices particuliers. Il fut enfin l’inventeur de l’opéra français avec Cambert, avant Lully et Quinault.
Frédéric Gabriel étudie le thème du livre, et dans son essai intitulé “ Des lieux. Note sur la solitude cartusienne ” explore quelques notions de la spiritualité chrétienne, en rapport avec l’importance du lieu de fondation de la Chartreuse.

Paru le 1er décembre 2003

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.