Poésie virale, Clones & Contamina©tion de Susana Sulic

Poésie virale, Clones & Contamina©tion de Susana Sulic

Une contamina©tion se dégage de l’expérience littéraire de Susana Sulic, menée à « contrechamp » du langage. Héritiers d’une expérience totale, (Performances, Installations … ) ses poèmes se structurent dans un milieu de cult(H)IV. Des enzymes -consonnes et voyelles-, configurent une chaîne minimale et abstraite.Les signes luttent pour s’imposer sur la page envahie de globules blancs. Ils survivront le temps d’une lecture. Aléatoires et programmés, génétiquement modifiés, les virus nous habitent comme les structures invisibles de la matière. Aussi économes que la Nature, ils défient l’air du temps pour s’introduire dans le corps social et obligent à repenser la chaîne du vivant.

Susana Sulic, (Argentine) sociologue, est diplômée des Beaux-arts à Buenos Aires et à la Kunstakademie de Dusseldorf. Dr en Esthétique, (Sciences et Technologie de l’Art) à l’Université de Paris VIII, elle est l’auteur de nombreux articles et publications sur l’Art latino-américain et l’Art contemporain. Organisatrice d’évènements culturels, elle réside à Paris.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Indigo et côté femmes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.