Poésie vivante, hommage offert à Arlette Albert-Birot

Poésie vivante, hommage offert à Arlette Albert-Birot

Arlette Albert-Birot (1930-2010) a marqué de sa présence la poésie contemporaine. Parallèlement à son enseignement à l’École Normale Supérieure, et à l’édition de l’œuvre de Pierre Albert-Birot, elle a par son action soutenu et contribué à faire connaître les jeunes poètes. Le volume Poésie vivante regroupe un ensemble d’études portant sur des sujets qui reflètent son inlassable curiosité, et plonge au cœur des forces vives de la poésie.
La première partie de l’ouvrage rassemble des textes consacrés à Pierre Albert-Birot, peintre et sculpteur venu tard à la poésie, mais qui en fut l’un des pionniers au début du XXe siècle.
La deuxième aborde l’œuvre de poètes liés aux avant-gardes historiques, mais aussi d’autres thèmes très contemporains. On y découvre une poésie dans tous ses états, écrite, visuelle, sonore, métissée, jeune, inattendue, et surtout libre.
La troisième partie laisse la parole à Arlette Albert-Birot elle-même, et donne à lire un certain nombre de textes majeurs, écrits au cours de quarante ans de fréquentation quotidienne de la poésie. Ses collègues et ses proches ont tenu à lui offrir ces mélanges à titre posthume, en témoignage d’amitié et d’estime, en mémoire heureuse.


Auteurs : Carole Aurouet, Marie-Claire Bancquart, Mireille Calle-Gruber, Hélène Cazes, Macha Daniel ,Elodie Hemmer, Debra Kelly, Geneviève Latour, Philippe Ollé-Laprune, Germana Orlandi Cerenza, Joëlle Pagès-Pindon, Yves Peyré, Didier Plassard, Montserrat Prudon-Moral, Madeleine Renouard, Pascal Rousseau, Emmanuel Rubio, Adélaïde M. Russo, Marianne Simon-Oikawa

Paru le 1er avril 2004

Éditeur : Honoré Champion

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.