Poésies érotiques

Évariste de Parny

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.

Poème
de l’instant

Jean-Claude Pirotte

Je me transporte partout

maintes fois je me sens hagard
et je me détourne à plaisir
des lignes droites du désir

Jean-Claude Pirotte, Je me transporte partout, Le Cherche midi éditeur, 2020.