Points

Christian Hubin

Comme toute une vie l’impression récurrente, entêtante, de décalage
d’un jour : d’un jour sauté.

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Où le vent est une forme d’anté –stigmate, de rétrospection vasculaire.

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Comme une côte, l’exercice presque quotidien de jauger le monde, de
le re-monter.

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Et de rares minutes, habitant ce qu’on s’est toujours pressenti, sans le devenir.

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Fin du poème : la queue laissée par le lézard ; l’animal blanc qu’on
fut dans la forêt régressive.

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Ne filtrant que ce qui ne tombe pas. Ne parlant que le son de chute,
l’antérieur de sa probabilité.

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Avec épidermes, particules, avec vitesse de gènes. Pente d’inentendu
sans oser – derrière, à claire-voie.

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Une part d’ombre se matérialise en osier.

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De la grande doublure où se tiennent certains qu’on fut ;
de sa rétention près des graminées.

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Et ce que vous n’êtes ni ne serez jamais bouge avec vous.

Poème
de l’instant

Antoine Emaz

Personne

violences de vies tues
dispersées devenues
muettes dans leur révolte
ou leur patience qui remontent
dans ces plus d’air passé
à peine visible
dans le tournis des feuilles

Antoine Emaz, 1955-2019, Personne, Éditions Unes, 2020.