Points

Christian Hubin

Comme toute une vie l’impression récurrente, entêtante, de décalage
d’un jour : d’un jour sauté.

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Où le vent est une forme d’anté –stigmate, de rétrospection vasculaire.

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Comme une côte, l’exercice presque quotidien de jauger le monde, de
le re-monter.

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Et de rares minutes, habitant ce qu’on s’est toujours pressenti, sans le devenir.

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Fin du poème : la queue laissée par le lézard ; l’animal blanc qu’on
fut dans la forêt régressive.

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Ne filtrant que ce qui ne tombe pas. Ne parlant que le son de chute,
l’antérieur de sa probabilité.

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Avec épidermes, particules, avec vitesse de gènes. Pente d’inentendu
sans oser – derrière, à claire-voie.

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Une part d’ombre se matérialise en osier.

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De la grande doublure où se tiennent certains qu’on fut ;
de sa rétention près des graminées.

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Et ce que vous n’êtes ni ne serez jamais bouge avec vous.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.