Pommes d’été

Israël Eliraz

j’ai deux genoux
dans les fruits.

La maison est un été pur

Jean Daive, Les axes de la terre

Il me faut une pomme
qui ne commence pas
dans l’abstrait.

Et Rilke n’a-t-il rien dit
d’une lampe

près d’un jardin de pommes
au bout de l’été pur

sous la petite pluie ?

Un peu du jour dans la pomme,
je ne saisis pas encore
mais j’y suis.

Le feu a pris

*

plus il y a une
pomme, plus
c’est oui

comme l’effet d’un pli
dans le jaune.

Je cherche à en retenir
quelque chose

je n’attends pas trop.

C’est quoi l’ici ?
Où vide-t-il son sac

dans le petit jour

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Poème
de l’instant

L’ARDEUR COSMIQUE

L’Ordre et la Vérité sont nés
de l’Ardeur qui s’allume.
De là est née la Nuit.
De là l’Océan et ses ondes.

De l’Océan avec ses ondes
naquit l’Année,
qui répartit jours et nuits,
régissant tout ce qui cligne des yeux.

Rig-Véda, « L’ARDEUR COSMIQUE », traduit du sanskrit par Louis Renou, Du feu au cœur du vent, Trésor de la poésie indienne, Édition de Zéno Bianu, Poésie/Gallimard, 2020.