Portulan Bleu n°14

Portulan Bleu n°14

Extrait de l’éditorial de Marine Rigo-Sastre :

Les voix du poème au printemps sont assourdissantes pour qui baigne dedans et tente d’en rendre compte. Mais pour des personnes en dehors de ce bain élitiste, il faut bien le dire, que je côtoie davantage, ces mêmes voix du poème n’existent pas, ne se font pas entendre, sont cette fois, assourdies par les litanies habituelles. Celui ou celle qui veut bien les entendre les entendra, mais n’est-il pas plus simple d’aller vers eux pour se faire entendre ? Moi qui suis sur une frontière, toujours entre deux, jamais dans un camp ou un autre, le rôle de Médiateur du livre acquis depuis plus de quinze ans, est toujours à remettre en chantier. C’est en cela que je salue le travail du Printemps des Poètes et que je fédère les Voix Tissées….

Paru le 1er avril 2013

Éditeur : Voix Tissées

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.