Pour avoir vu un soir la beauté passer

Pour avoir vu un soir la beauté passer

Préface de Sophie Nauleau

Dédiée au regretté Franck Venaille (1936-2018), cette anthologie rassemble cinquante poètes francophones contemporains autour de le thème de la Beauté.
Empruntant un vers d’un poème de Gérard Cartier (Les Métamorphoses, Le Castor Astral), Pour avoir vu un soir la beauté passer se veut un témoin de l’éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.

Texte de l’éditeur.

Les auteurs :
Marc Alyn, Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart, Linda Maria Baros, Claude Beausoleil, Claude Ber, Zéno Bianu, Daniel Biga, Alexandre Bonnet-Terrile, Alain Borer, Nicole Brossard, Michel Bulteau, Laure Cambau, Gérard Cartier, Bernard Chambaz, Jean-Pierre Chambon, William Cliff, François de Cornière,
Cécile Coulon, CharlElie Couture, Seyhmus Dagtekin, Francis Dannemark, Jacques Darras, Julie Delaloye, Philippe Delaveau, Patrice Delbourg, Ariane Dreyfus, Antoine Emaz, Dominique Fabre, Daniel Fano, Alexis Gloaguen, Guy Goffette, Hubert Haddad, Alejandro Jodorowsky, Charles Juliet, Abdellatif Laâbi, Werner Lambersy, Yves Leclair, Yvon Le Men, Jérôme Leroy, Jean-Paul Michel, Bernard Noël, Jean Portante, Serge Pey, Éric Poindron, Bernard Pozier, Jacques Roubaud, Valérie Rouzeau, James Sacré, Nohad Salameh, Dominique Sampiero, Eric Sarner, Eugène Savitzkaya, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Steinmetz, Lucien Suel, Jacques Vandenschrick, André Velter, Franck Venaille, Laurence Vielle, Thomas Vinau.

Paru le 7 février 2019

Éditeur : Le Castor Astral

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.