Pour lire Wallace Stevens par Léopold Peeters

Pour lire Wallace Stevens par Léopold Peeters

Dans ce livre l’auteur rend compte d’une lecture sauvage de la poésie de Wallace stevens. Ce type de lecture ne part pas d’une théorie mais se laisse tout simplement aller au plaisir de lire, plaisir que Stevens lui-même s’attendait à donner à ses lecteurs et qu’il tenait pour une qualité indispensable de toute poésie. Cette lecture ne se laisse guider que par ce que Stevens lui-même a communiqué dans sa correspondance et dans quelques essais sur sa propre conception de la poésie et sur le rôle que celle-ci a joué dans son existence. On suit l’ordre chronologique des recueils dans lesquels sont choisis des poèmes représentatifs, traduits et commentés dans leur totalité, en partie pour un public francophone qui n’est pas forcément conscient de la polysémie des vocables et expressions anglais, et dont Stevens joue pour rendre la poésie des choses et situations vécues dans lesquelles se concrétise l’idée qui a déclenché le processus créateur. En suivant cet ordre chronologique de parution, le lecteur se rend compte de la continuité de la pensée poétique de Stevens qui n’a jamais cessé de réfléchir et d’approfondir sa conception de la nature et de la fonction de la poésie dans la vie, tant dans sa propre existence que dans la conscience collective de ses contemporains. Le lecteur de ce livre aura ainsi une vue panoramique de l’œuvre de Stevens à partir de laquelle il pourra y pénétrer pour en goûter les poèmes dans sa propre lecture sauvage.

Paru le 1er novembre 2014

Éditeur : La lettre volée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.