Pour que chantent les salamandres

Auteur : Aurélia Lassaque

<i>Pour que chantent les salamandres</i>

Le mot de l’éditeur : Elle s’exprime en deux langues, le français et l’occitan, sans que l’on sache toujours, dans le cours limpide de son écriture, quelle est la part de l’affluent et celle du confluent. Elle, c’est Aurélia Lassaque, poète née en 1983 que je suis heureux d’accueillir dans ma maison d’édition. L’univers poétique d’Aurélia est libre, fantaisiste, singulier. Dans ce recueil, elle nous convie d’abord à une fête païenne lors de la journée la plus longue de l’année, celle du solstice d’été. L’atmosphère y est envoûtante, presque primitive. Les textes qui suivent prolongent cette prégnance des fantasmagories agrestes. La figure du Phénix, celle d’un faune, la présence d’Orphée et Eurydice confèrent une dimension mythologique à ces poèmes qui renouent souvent avec les visions oniriques de l’enfance, sans jamais omettre la vitalité joyeuse de l’amour.

Extrait :

« La belle se baigne.
La rivière a changé de lit
et contre son corps livré
l’eau noire a sorti ses tambours
pour que chantent les salamandres »

Collection « L’autre langue ».

Paru le 1er avril 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.