Pour que chantent les salamandres

Auteur : Aurélia Lassaque

<i>Pour que chantent les salamandres</i>

Le mot de l’éditeur : Elle s’exprime en deux langues, le français et l’occitan, sans que l’on sache toujours, dans le cours limpide de son écriture, quelle est la part de l’affluent et celle du confluent. Elle, c’est Aurélia Lassaque, poète née en 1983 que je suis heureux d’accueillir dans ma maison d’édition. L’univers poétique d’Aurélia est libre, fantaisiste, singulier. Dans ce recueil, elle nous convie d’abord à une fête païenne lors de la journée la plus longue de l’année, celle du solstice d’été. L’atmosphère y est envoûtante, presque primitive. Les textes qui suivent prolongent cette prégnance des fantasmagories agrestes. La figure du Phénix, celle d’un faune, la présence d’Orphée et Eurydice confèrent une dimension mythologique à ces poèmes qui renouent souvent avec les visions oniriques de l’enfance, sans jamais omettre la vitalité joyeuse de l’amour.

Extrait :

« La belle se baigne.
La rivière a changé de lit
et contre son corps livré
l’eau noire a sorti ses tambours
pour que chantent les salamandres »

Collection « L’autre langue ».

Paru le 1er avril 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.