Pour un tombeau d’Anatole

de Stéphane Mallarmé

Pour un tombeau d'Anatole

Comme tant de grands poèmes mallarméens, le présent recueil décrit un combat, la « lutte d’un génie et de la mort ». Ces « éclats » poétiques, que Stéphane Mallarmé rassembla après la mort de son fils Anatole, âgé de huit ans, apparaissent aujourd’hui d’une modernité saisissante. Aucune œuvre du poète ne possède la qualité brûlante, immédiate, la puissance crue d’émotion que l’on trouve dans ces pages.
L’importante introduction de Jean-Pierre Richard souligne la profondeur, la rigueur de Mallarmé, et met en lumière la subtile cohérence de cette méditation douloureuse.

Stéphane Mallarmé (1842-1898) est considéré comme l’un des plus grands poètes symbolistes. Auteur notamment de L’Après-midi d’un faune et Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, il traduisit également les Poèmes d’Edgar Allan Poe.

pour ne plus le voir
qu’idéalisé –
après, non plus lui
vivant là – mais
germe de son être
repris en soi –

Paru le 24 septembre 2020

Éditeur : Points

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.