Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus

Auteur : Richard Brautigan

Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus

Traduction de Thierry Beauchamp et Romain Rabier.
Préface de Keith Abbott
Note de Burton Weiss

En 1956, Richard Brautigan s’apprête à quitter Eugene, dans l’Oregon, pour tenter sa chance à San Francisco.
Peu avant son départ, il rend visite à Edna Webster, la mère de son seul lecteur et aussi de sa première petite amie.

Il lui tend une liasse de feuilles et dit :

« Quand je serai riche et célèbre, Edna, ce sera ta sécurité sociale. » Du haut de ses 21 ans, Brautigan sait déjà ce qu’il veut : mettre l’imagination au pouvoir, et des ailes aux mots de tous les jours. Un alchimiste du verbe est né, un génie précoce qui fait ses gammes avec ce qu’il faut de confiance en soi et d’ingénuité. Le tout explose comme un feu d’artifice à l’aube. Trente-six ans plus tard, en 1992, soit huit ans après la disparition de l’auteur, Edna Webster montre enfin le manuscrit à un libraire qui n’en croit pas ses yeux.

Paru le 16 novembre 2016

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Yves Bonnefoy

Poésie et photographie

Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m’envahit. Je m’éveille, je m’anime. À mesure que l’ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s’épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une onde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.
Alors j’ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats ; et un impétueux, un invincible désir d’aimer s’allume dans mes veines.

Yves Bonnefoy, 1923-2016, Poésie et photographie, Éditions Galilée, 2014.