Poussières l’errance de Thierry Lamarre

Poussières l'errance de Thierry Lamarre

"Les gares me fascinent.
À l’escalade des voies ferrées qui ne mènent nulle part ou trop loin. Ces soirées où je restais seul en bout de quai, à l’hypnotique du froid, guettant dans les ciels d’hiver décharnés que transperçait le fracas des trains, l’étoile-rail qui déchirerait le masque diaphane de mon immobilité.
Je détruisais les mythes du voyage : nouveaux horizons, rencontres, ivresses, aventures. Rimbaud m’emmerdait avec ses servantes aux seins plantureux et gorgées d’hospitalité. J’instaurais dans mes voyages des rites de chaque instant."

Né le 3 juillet 1949, à Paris, Thierry Lamarre rencontre, en octobre 1969, Michel Bulteau, puis dans son sillage Matthieu Messagier et tous ceux qui deviendront les électriques. Il est co-signataire du Manifeste électrique aux paupières de jupe. Il publie en 1970, 149/OFF, préfacé par Michel Bulteau et postfacé par Zéno Bianu. De 1971 à 1973, il écrit de nombreux textes, dont Times around et Kerouac-Mantra, paru chez Electric Press. Il rencontre en 1973 Dominique de Roux, et de ce premier entretien naîtra une amitié qui s’éteindra en 1977. Il participe à divers projets littéraires, musicaux, picturaux et en particulier aux Dossiers H consacrés à Dominique de Roux, publié en 1997.

Paru le 1er juin 2007

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.