Pratique de l’effacement de Michel Bourçon

Pratique de l'effacement de Michel Bourçon

"Avec Pratique de l’effacement, rien pour tempérer cette évidence : nous apparaissons dans un cri puis disparaissons à petit feu par soustractions successives, écrire n’est qu’une manière de descendre les choses dans leur tombe. Inutile de se retourner, les corps vivants butent sur les morts, l’instant est toujours à la peine, le moment ultime attend son heure sur l’autre versant du noir. On n’apprivoise pas le temps, on ne démesure pas sa peau, il n’y a pas même une lueur d’« inespoir », cette misérable pirouette philosophique quand le rata sert à froid sa honte, sa peur et sa stupeur, sa fatigue, ses attentes et ses accablements, son aphasie… D’images glaçantes, il n’y a… /que des têtes vides fuyantes/dans le vent des rues, en axiomes atroces, nous sommes/ce que chaque pas/nous retire, Michel Bourçon s’efface, mais ses mots font mouche et font mal tant leur force est de parcimonie, leur acuité à la hauteur de leur retenue. Alors un conseil, n’ouvrez pas ce livre s’il vous reste quelque illusion sur le réel, si l’incurable n’est pas votre rosaire."

Jean-Pierre Georges

Paru le 1er mars 2007

Éditeur : L’idée bleue

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Coplas

Que fais-tu, hibou, sur ton olivier,
avec ces grands yeux tout écarquillés ?

Je m’occupe à observer, dit l’oiseau,
du temps la longue traversée.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.