Primitifs en position d’entraver

Tieri Briet

Primitifs en position d'entraver

Quelqu’un a peur. Quelqu’un qu’une sourde colère anime part donner les noms. Quelqu’un tente de raconter comme (il) peut ce morceau de contrée où le vivant perpétue son esbroufe au milieu de tous les froids, toutes les nuits, tous les malheurs qui la ravagent. Cordier, Tieri Briet connaît l’art de tordre la langue pour, dans le même temps, la désentraver de toutes ses pesanteurs et la lancer, tel un grappin, à l’assaut de tous les murs du monde. Il sait retrouver l’amitié primitive de la main sur la pierre, le courage des enfants, leurs attentes patientes ; Et c’est notre place dans le monde qui nous est rendue. Pierres vives au milieu des broussailles et des mousses.

Paru le 1er mars 2007

Éditeur : L’Amourier

Poème
de l’instant

Guennadi Aïgui

« Un peu »

bonheur ? – « Un peu »
béatitude – « Un peu » :

ô murmure : comme vent – du soleil :

de pain – un peu… et de lumière du jour… –

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture – pour la Mort prête… –

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil –

en fraternelle souffrance… –

ô notre liberté !… – lueur d’âme :

simple :

« Un peu »
1975

Aïgui, « Un peu », Festivités d’hiver, traduit du russe par Léon Robel, Les Éditeurs français réunis, 1978.