Prix Guillaume Apolliniaire

Le Prix Apollinaire est sans doute le plus ancien et le plus prestigieux prix de poésie.
Il fut un temps où, présidé par Jean Cocteau, sa remise constituait un événement majeur de la vie littéraire.
Sous l’impulsion de Robert Sabatier, il a longtemps entretenu avec le Prix Goncourt (qui lui apporta même un temps un appui financier) des liens privilégiés, le jury se réunissant chez Drouant et comptant en son sein plusieurs jurés du Goncourt.
Forts de son histoire et de son palmarès de haute tenue qui de Seghers à Claude Roy, de Lorand Gaspar à Senghor, de Bernard Noël à Frédéric Jacques Temple ou Bernard Chambaz par exemple, a su distinguer les grandes voix contemporaines, nous œuvrons avec détermination, soutenus par des mécènes convaincus, à rendre au Prix Apollinaire un écho et un rayonnement nouveaux.
Ce sera un signe parmi d’autres du retour nécessaire et urgent de la poésie dans le paysage culturel.

Jean-Pierre Siméon


Lauréats :
  • 2018 : Cécile Coulon pour Les Ronces, Le Castor astral
  • 2017 : Serge Pey pour Flamenco : les souliers de la Joselito, Les fondeurs de brique/Dernier Télégramme
  • 2016 : Pierre Dhainaut pour l’ensemble de son œuvre
  • 2015 : Liliane Wouters pour l’ensemble de son œuvre
  • 2014 : Aksinia Mihaylova pour Ciel à perdre, Gallimard
  • 2013 : Frédéric Jacques Temple pour l’ensemble de son œuvre
  • 2012 : Valérie Rouzeau pour Vrouz, La Table ronde
  • 2011 : Jean-Claude Pirotte pour Cette âme perdue, Le Castor Astral et Autres Séjours, Le Temps qu’il fait
  • 2010 : Jean-Marie Barnaud pour Fragments d’un corps incertain, Cheyne éditeur
  • 2009 : Jacques Ancet pour L’identité obscure, Lettres Vives
  • 2008 : Alain Borer pour Icare & I don’t, Seuil
  • 2007 : Linda Maria Baros pour La Maison en lames de rasoir, Cheyne éditeur
  • 2006 : Jean-Baptiste Para pour La Faim des ombres, Obsidiane
  • 2005 : Bernard Chambaz pour Été, Flammarion
  • 2004 : Jacques Darras pour Vous n’avez pas le vertige, L’arbalète/Gallimard
  • 2003 : François Montmaneix pour Les rôles invisibles, Le Cherche midi
  • 2002 : Claude Adelen pour Soleil en mémoire, Dumerchez
  • 2001 : Alain Lance pour Temps criblé, Obsidiane/Le temps qu’il fait
  • 2000 : Alain Jouffroy pour C’est aujourd’hui toujours, Gallimard
  • 1999 : Claude Mourthé pour Dit plus bas, Le Castor Astral
  • 1998 : Anise Koltz pour Le Mur du son, Éditions Phi
  • 1997 : Richard Rognet pour Lutteur sans triomphe, l’Estocade
  • 1996 : Patrice Delbourg pour L’Ampleur du désastre, Le Cherche midi
  • 1995 : Claude Roy pour l’ensemble de son œuvre
  • 1994 : Jean-Pierre Siméon pour Le Sentiment du monde, Cheyne éditeur
  • 1993 : René Depestre pour Anthologie personnelle, Actes Sud
  • 1992 : François de Cornière pour Tout cela, Le dé bleu/ Écrits des Forges/L’Arbre à paroles
  • 1991 : Yves Martin pour La Mort est méconnaissable, Table-rase/Écrits des Forges
  • 1990 : Jacques Gaucheron pour Entre mon ombre et la lumière, Messidor
  • 1989 : Philippe Delaveau pour Eucharis, Gallimard
  • 1988 : James Sacré pour Une Fin d’après-midi à Marrakech, Ryôan-ji
  • 1987 : Yves Broussard pour Nourrir le feu, Sud-Poésie
  • 1986 : Claude-Michel Cluny pour Asymétries, La Différence
  • 1985 : Jean-Vincent Verdonnet pour Ce qui demeure, Rougerie
  • 1984 : Pierrette Micheloud pour Les Mots, la pierre, Éditions de la Braconnière
  • 1983 : Pierre Gabriel pour La Seconde porte, Rougerie
  • 1982 : Jean Orizet pour Le Voyageur absent, Grasset
  • 1981 : Gaston Miron pour L’Homme rapaillé, Maspéro
  • 1980 : Jean Mambrino pour L’Oiseau-Cœur, Stock
  • 1980 : Vénus Khoury-Ghata pour Les Ombres et leurs cris, Belfond
  • 1979 : Jean Laugier pour Rituel pour une ode, Caractères
  • 1978 : Jean-Claude Renard pour l’ensemble de son œuvre
  • 1977 : Édouard J. Maunick pour Ensoleillé vif, St Germain des Prés
  • 1976 : Bernard Noël pour Les Trois cases du « Je », Flammarion
  • 1975 : Charles Le Quintrec pour Jeunesse de Dieu, Albin Michel
  • 1974 : Léopold Sédar Senghor pour l’ensemble de son œuvre
  • 1973 : Marc Alyn pour Infini au-delà, Flammarion
  • 1972 : Serge Michenaud pour Scorpion Orphée, Éditions Guy Chambelland
  • 1971 : Gaston Bonheur pour Chemin privé, Flammarion
  • 1970 : Pierre Dalle Nogare pour Corps imaginaire, Flammarion
  • 1969 : Albert Fabre pour La Lumière est nommée, Seghers
  • 1968 : Luc Estang pour l’ensemble de son œuvre
  • 1967 : Lorand Gaspar pour Le Quatrième état de la matière, Flammarion
  • 1966 : Catherine Tolstoï pour Ce que savait la rose, Seghers
  • 1965 : Robert Lorho (pseudonyme : Lionel Ray) pour Légendaire, Seghers
  • 1964 : Jean Desmeuzes pour Ballade en Sol majeur, Millas-Martin
  • 1963 : Jean Bancal pour Le Chemin des hommes, Silvaire
  • 1962 : Jeanne Kieffer pour Cette Sauvage lumière, Gallimard
  • 1961 : Jean Breton pour Chair et soleil, La Table Ronde
  • 1960 : Marcel Béalu pour l’ensemble de leur œuvre
  • 1960 : Vincent Monteiro pour l’ensemble de leur œuvre
  • 1959 : Pierre Seghers pour l’ensemble de son œuvre
  • 1959 : Luc Bérimont pour L’Herbe à tonnerre, Seghers
  • 1958 : Jean Rousselot pour L’Agrégation du temps, Seghers
  • 1957 : Jacques Baron pour Les Quatre temps, Seghers
  • 1957 : Gilbert Trolliet pour La Colline, Seghers
  • 1956 : Robert Sabatier pour Les Fêtes solaires, Albin Michel
  • 1955 : André de Richaud pour Le Droit d’asile, Seghers
  • 1954 : Jean Malrieu pour Préface à l’amour, Cahiers du Sud
  • 1953 : Armand Lanoux pour Colporteur, Seghers
  • 1952 : Alain Bosquet pour Langue morte, Sagittaire
  • 1951 : Paul Gilson pour l’ensemble de son œuvre
  • 1950 : Paul Chaulot pour D’autres terres, Îles de Lérins
  • 1949 : pas de désignation
  • 1948 : Jean L’Anselme pour Le Tambour de ville, LEC, éd. Contemporaines
  • 1948 : Rouben Mélik pour Passeur d’horizon, Îles de Lérins
  • 1947 : Hervé Bazin pour Jour, Îles de Lérins
  • 1944 -1945 -1946 : pas de désignation
  • 1943 : Yves Salgues pour Le Chant de Nathanael, Profils Litt. Fr.
  • 1942 : Roger Bellion pour Les Faubourgs du ciel, Profils Litt. Fr.
  • 1941 : Just Calveyrach pour Guyane, Îles de Lérins
Le Prix Guillaume-Apollinaire Découverte
  • 2018 : Alexandre Bonnet-Terrile pour Les Numérotés, Le Castor astral
  • 2017 : Ariel Spiegler pour C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment, Corlevour


Le jury, présidé par Jean-Pierre Siméon, est composé de Marc Alyn, Linda Maria Baros (secrétaire générale), Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Georges-Emmanuel Clancier (président d’honneur), Fabienne Courtade, Philippe Delaveau, Guy Goffette, Jean Portante et Jean Rouaud.
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Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.