Prix International de la Poésie francophone Yvan-Goll

Le prix international de poésie francophone Yvan-Goll est un prix littéraire (annuel depuis 1998) décerné par la Fondation Yvan-et-Claire-Goll lors du Marché de la poésie, manifestation annuelle se déroulant place Saint-Sulpice à Paris. Il est nommé en la mémoire du poète Yvan Goll.
Doté d’une somme de 4 000 euros, il est placé sous le patronage du Ministère de la Culture et de la Francophonie et du Haut Conseil de la Francophonie. Il est notamment destiné à promouvoir un jeune poète francophone, inconnu ou méconnu, ayant publié un ouvrage dans l’année en cours.

Lauréats :

1994 : Werner Lambersy pour Architecture Nuit, Éditions PHI à Echternach, Luxembourg
1996 : Jean Pierre Chambon pour Le Roi Errant, Éditions Gallimard
1998 : Annie Marandin pour C’est étrange comme on meurt, Éditions l’Envol
1999 : ex æquo Slaheddine Haddad pour Les Soutes à Langage, Éditions Comme ça et Autrement et Seyhmus Dagtekin pour Les Chemins du Nocturne, Éditions Le Castor Astral
2000 : ex æquo Stani Chaine pour Points d’eau, Éditions l’Envol et Jean Yves Valat pour Cendre, Éditions l’Envol
2001 : Serge Pey pour Les Aiguiseurs de Couteaux, Éditions l’Envol
2002 : Antoine Emaz pour RAS, Éditions Tarabuste
2003 : Zéno Bianu pour Le Battement du Monde, Éditions Lettres Vives
2004 : Claude Ber pour La mort n’est jamais comme, Éditions Via Valeriano et Léo Scheer
2005 : Sophie Loizeau pour Environs du Bouc, Éditions Comp’Act
2006 : Yves Jouan pour Juste là, Éditions Dumerchez
2007 : Marc Blanchet pour Les Naissances, Éditions Le Bois d’Orion
2008 : Martin Rueff pour Icare crie dans un ciel de craie, Éditions Belin
2009 : ex æquo Jean-Marie Kervich pour L’Évangile du gitan, Éditions Mercure de France et Véronique Pittolo pour Hélène mode d’emploi, Éditions Al Dante
2010 : non attribué
2011 : Déborah Heissler pour Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, Éditions Cheyne
2012 : Valérie Rouzeau pour Vrouz, Éditions de la Table ronde
2013 : Dario De Facendis pour M. - de la terreur, Éditions du Noroît
2014 : Constance Chlore pour Atomium, Atelier de l’agneau éditeur
2015 : Mérédith Le Dez pour Journal d’une guerre, Folle Avoine
2016 : Cédric Le Penven pour Nuit de peu, éditions Tarabuste
2017 : Cécile A. Holdban Poèmes d’après suivi de La Route de sel, éditions Arfuyen et Anne Malaprade Notre corps qui êtes en mots, éd. Isabelle Sauvage
2018 : Isabelle Lévesque pour Voltige, L’herbe qui tremble
2019 : Christophe Langlois pour Seconde innocence, Gallimard

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.