Prix Louis-Guillaume

Créé en 1973, peu de temps après la mort du poète Louis Guillaume, en référence non seulement à son œuvre poétique mais aussi à ses études critiques sur le poème en prose, le prix du poème en prose Louis-Guillaume est remis annuellement par l’association Les Amis de Louis Guillaume pour un recueil de poésie constitué uniquement de poèmes en prose.
Ces poèmes doivent avoir été écrits en langue française et publiés dans le courant des deux années précédant la date annoncée pour l’attribution du Prix.

Par "POÈME EN PROSE", il convient d’entendre strictement, selon la définition de LOUIS GUILLAUME, un texte présentant les trois caractères suivants :
1° l’autonomie : constituer "un tout organique, une cristallisation, un morceau de prose autonome" ;
2° la gratuité : n’avoir "aucune fin, pas plus narrative que démonstrative" ; n’être "ni une anecdote, ni un conte, ni une histoire, ni une fable, mais un poème seulement" ;
3° la brièveté avec "une grande économie de moyens".
"En somme", concluait LOUIS GUILLAUME, "un poème en prose est avant tout un poème, et toutes les qualités que l’on exige du poème moderne : condensation, rapidité des images, sobriété doivent se trouver en lui."

Site du Prix Louis Guillaume

Lauréats :
  • 1973 : Marcel Hennart, Abeilles, Chambelland
  • 1974 : Raoul Bécousse, Le Temps provisoire, Rougerie
  • 1975 : Louis Le Bihan, Dans le déploiement des aubes proclamées
  • 1976 : Pierre Vasseur Decroix, Végétales, L’Arche de Lumières
  • 1977 : Paul Pugnaud, Atterrages, Rougerie
  • 1979 : Daniel Lacomme, Sommeils, Éditions du Pont de l’Épée
  • 1980 : Hughes Labrusse, Deuil blanc, Rougerie
  • 1981 : Gabrielle Althen, Présomption de l’éclat, Rougerie
  • 1982 : Jacquette Reboul, L’Apprentie sorcière, Éditions du Pont de l’Épée
  • 1983 : Frédéric Musso, Le Point sur l’île, La Table Ronde
  • 1984 : Jean Laurent, Jamais, Saint-Germain-des-Prés
  • 1985 : Alain Andréucci, Charité, Rougerie
  • 1986 : Christian Hubin, Personne, Corti
  • 1987 : prix décerné conjointement à Albert Ayguesparse, Lecture des abîmes, Le Cormier, et à Gérard Bocholier, Poussière ardente, Rougerie
  • 1988 : Dominique Sorrente, Les Voix de neige, Cheyne éditeur
  • 1989 : André Lagrange, Portulan(s), Éditions des Prouvaires
  • 1990 : André Doms, L’aube et l’Aval, Sud
  • 1992 : Jean-Max Tixier, États du lieu suivi de Périmètre de l’arbre, Autres Temps
  • 1993 : Jean Dubacq, Comment pouvez-vous lire à présent ? Il fait nuit, Éditions Folle Avoine
  • 1994 : Claude Darbellay, L’horizon n’a qu’un côté, P. A. P.
  • 1995 : Francis Tessa, Lieux et autres miroirs, L’Arbre à paroles
  • 1996 : Bernadette Engel-Roux, Ararat, Cheyne éditeur
  • 1997 : René Pons, Fin des terres, Jacques Brémond
  • 1998 : Rose-Marie François, Répéter sa mort, Le Cormier
  • 1999 : Jean-Luc Aribaud, Les Mondes illimités, L’Arrière-Pays
  • 2000 : Alain Freixe, Comme des pas qui s’éloignent, L’Amourier
  • 2001 : Jean-Claude Martin, Ciels de miel et d’ortie, éditions Tarabuste
  • 2002 : Philippe Jones, Domaines en cours, Le Cormier
  • 2003 : Maryvonne Digot, Sous l’écorce le feu, Babel
  • 2004 : Olivier Deschizeaux, La Chambre close, Rougerie
  • 2005 : Marc-André Brouillette, M’accompagne, Éditions du Noroît
  • 2006 : Gaspard Hons, Propos notés en ramassant des aiguilles de pin, Rougerie
  • 2007 : Robert Nédélec, Contre-jour, L’Arrière-Pays
  • 2008 : Alta Ifland, Voix de glace, Les Figues Press
  • 2009 : Jacqueline Roques, La Note bleue, Rougerie
  • 2011 : Raphaël Miccoli, Cœur à corps, Le Taillis Pré
  • 2012 : Déborah Heissler, Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, Cheyne éditeur
  • 2013 : Sofia Queiros, Et puis plus rien de rêves, Éditions Isabelle Sauvage
  • 2014 : Françoise Ascal, Lignées, Éditions Æncrages & Co
  • 2015 : Mathilde Vischer, Lisières, Éditions p.i.sage intérieur
  • 2016 : Jacques Josse, Hameau mort, Éditions Jacques Bremond
  • 2017 : Françoise Lison-Leroy, Le silence a grandi, Rougerie
  • 2018 : Christophe Mahy, Paysages du vent, Éditions Noires Terres

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.