Prix Roger-Kowalski

Le prix Roger-Kowalski est un prix littéraire français créé en 1984 par la municipalité de Lyon et récompensant chaque année un poète. Il rend hommage au poète Roger Kowalski (1934-1975) né et mort à Lyon, où il a vécu et écrit toute son œuvre.
Le prix est attribué chaque année à un livre de poésie d’un poète vivant, publié entre le 1er octobre de l’année précédente et le 1er octobre de l’année en cours. Son jury est constitué de poètes et de critiques qui établissent une sélection et délibèrent sous la présidence de l’adjoint à la culture de la ville de Lyon. Son montant est de 7 500 €.
Depuis 2015 est attribué un prix Kowalski des lycéens

Lauréats :
  • 2018 : Patrick Quillier, Voix éclatées (1914-1918), Fédérop
  • 2017 : Jean-Michel Maulpoix, L’hirondelle rouge, Mercure de France
  • 2016 : François Boddaert, Bataille, Tarabuste
  • 2015 : Patrick Laupin, Le Dernier Avenir, La Rumeur libre
  • 2014 : Jean Joubert, L’Alphabet des ombres, Bruno Doucey
  • 2013 : Jacques Réda, Prose et rimes de l’amour menti, Fata Morgana
  • 2012 : Philippe Delaveau, Ce que disent les vents, Gallimard
  • 2011 : Yves Bonnefoy, L’Heure présente, Mercure de France
  • 2010 : Pierre-Alain Tâche, La Voie verte, éditions de la Revue Conférence
  • 2009 : Jean-Pierre Colombi, Les Choses dicibles, Gallimard
  • 2008 : Jean-Claude Pirotte, Passage des ombres, La Table ronde
  • 2007 : William Cliff, Immense existence, Gallimard
  • 2006 : Emmanuel Merle, Amère Indienne, Gallimard
  • 2005 : Marie-Claire Bancquart, Avec la mort, quartier d’orange entre les dents, Obsidiane
  • 2004 : Ludovic Janvier, Des rivières plein la voix, L’Arbalète/Gallimard
  • 2003 : Pascal Commère, Bouchères, Obsidiane
  • 2002 : Jean-François Mathé, Le Ciel passant, Rougerie
  • 2001 : Franck Venaille, Tragique, Obsidiane
  • 2000 : Lionel Ray, Pages d’ombre et autres poèmes, Gallimard

Prix sur manuscrit Édité par Cheyne :

  • 1999 : Marc Blanchet, Sanctuaires
  • 1998 : Jean-Marc Debenedetti, Élégies d’Afrique
  • 1997 : non attribué
  • 1996 : Pierre Perrin, La Vie crépusculaire
  • 1995 : Jean-Yves Masson, Onzains de la nuit et du désir
  • 1994 : Isabelle Pinçon, Emmanuelle vit dans les plans
  • 1993 : Marc Pietri, Le Troisième Livre de la jungle
  • 1992 : non attribué
  • 1991 : Dominique Sampiero, Terre pour une légende qui n’en a plus
  • 1990 : Didier Pobel, Liaisons intérieures et autres lignes
  • 1989 : Hervé Micolet, La Lettre d’été
  • 1988 : Jean-Claude Dubois, Le Bois d’absence
  • 1987 : Patrick Guyon, La Voix haute
  • 1986 : Jean-Claude Martin, Saisons sans réponse
  • 1985 : Andrée Appercelle, Tentative du bleu
  • 1984 : Patrick Dubost, Celle qu’on imagine
Prix des lycéens :
  • 2016 : (ex-aequo) Gabrielle Althen, Soleil patient ; Christophe Dauphin, Un fanal pour le vivant
  • 2015 : Patrick Laupin, Le Dernier Avenir

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.