Prix Vénus Khoury-Ghata

Dans un contexte où les prix de poésie sont souvent remis à des hommes et où le paysage poétique français est largement masculin, laissant dans l’ombre des femmes poètes de talent, Vénus Khoury-Ghata a créé en 2014 un prix de poésie au féminin.

2019 :

  • Prix Vénus Khoury-Ghata : Dialogue avec l’anonyme de Béatrice Bonhomme, Éditions Collodion
  • Prix coup de cœur : L’exil n’a pas d’ombre de Jeanne Benameur, Éditions Bruno Doucey
  • Prix de la poésie étrangère : Tresse d’ail de Marilyn Hacker, traduit par Gabrielle Althen, Jacques Demarq, Jeanne Migrenne, Emmanuel Moses et Cécile Oumhani, Éditions Apic
  • Prix Découverte : La grande papillon de Delfine Guy, avec les calligraphies d’Abdallah Akar, Éditions Al Manar
  • Prix de la poésie illustrée : Instantanés d’une rive à l’autre de Muriel Augry, avec les peintures calligraphiques d’Abdallah Akar, Éditions Virgule

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.