Prix des Découvreurs

Fondé en 1997 par la ville de Boulogne-sur-Mer, le prix des Découvreurs est un prix de poésie décerné chaque année par un jury constitué de lycéens et depuis 2007 de collégiens de troisième sur l’ensemble des académies de France.
Chacun à notre place nous sommes les acteurs de la vie littéraire de notre époque. En faisant lire, découvrir, des œuvres ignorées des circuits médiatiques, ne représentant qu’une part ridicule des échanges économiques, nous manifestons notre volonté de ne pas nous voir dicter nos goûts, nos pensées, nos vies, par les puissances matérielles qui tendent à régir le plus grand nombre. Et nous contribuons à maintenir vivante une littérature qui autrement manquera à tous demain.

Site du Prix des Découvreurs

Lauréats :
  • 2019 : Alexandre Billon, Lettres d’une île, Éditions P.i.sage intérieur
    • mention spéciale à Ali Thareb pour, Un homme avec une mouche dans la bouche, Éditions Lisières.
  • 2018 : Amandine Marembert, Né sans un cri, Les Arêtes.
  • 2017 : Laurence Vielle, OUF, Maelström Reevolution
  • 2016 : Fadwa Souleimane, A la pleine lune, Le soupirail
  • 2015 : Armand le Poête (avatar de Patrick Dubost), Amour toujours, Gros textes
  • 2014 : Juan Antonio Gonzalez Iglesias, Ceci est mon corps, éditions Circé (dans une traduction d’Emmanuel Le Vagueresse)
  • 2013 : Ludovic Degroote, Le Début des pieds, Atelier La Feugraie
  • 2012 : Anise Koltz, Je renaîtrai, Éditions Arfuyen
  • 2011 : Maram al-Masri, Les Âmes aux pieds nus, Éditions Le Temps des cerises
  • 2010 : Jacques Rebotier, Description de l’omme, Éditions Verticales
  • 2008 : André Velter, L’Amour extrême, Poésie/Gallimard
  • 2007 : Ariane Dreyfus & Matthieu Gosztola
  • 2006 : Jacques Lèbre, La mort lumineuse, Éditions l’Escampette.
  • 2005 : Ludovic Degroote, Pensées des morts, Éditions Tarabuste et Olivier Barbarant, Essais de voix malgré le vent, Éditions Champvallon
  • 2004 : Eugène Savitzkaya
  • 2003 : Albane Gellé
  • 2002 : Ludovic Janvier
  • 2001 : Mohammed Dib
  • 2000 : Valérie Rouzeau
  • 1999 : Gérard Noiret
  • 1998 : Pascal Commère

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.