Prolégomènes pour un ailleurs d’Hervé Delabarre

Prolégomènes pour un ailleurs d'Hervé Delabarre

« J’aime ces poèmes que vous m’avez fait lire, le mouvement qui les anime est le seul que je tienne pour apte à changer la vie, leur ardeur est ce que je continue à mettre le plus haut », put écrire André Breton à Hervé Delabarre, après leur rencontre en 1962. Ce sont ces poèmes, ceux de Danger en rive, qui ouvrent Prolégomènes pour un ailleurs ; un livre qui n’est pas une intégrale, mais qui rassemble assurément les œuvres majeures d’Hervé Delabarre (à l’exception des Dits du Sire de Baradel), soit huit titres épuisés, de Danger en rive (1962) à Effrange le noir (2010), ainsi que six inédits : Portraits-flash, Parcours, Fin de parcours, Marrakech, Les Hautes Solitudes et Deux contes. Hervé Delabarre est un poète, c’est-à-dire un voyant dont chaque œuvre est un défi à l’abstraction, une plongée dans le concret et le Merveilleux. Ses poèmes possèdent un pouvoir insurrectionnel qui n’est pas sans rapport direct avec l’être et ses fêlures. Également peintre de l’onirisme total, Hervé Delabarre est sans cesse en quête d’aventures intérieures. À la fois volcanique et sensuel, le poète agite ses mots comme des rasoirs qui tranchent la gorge d’un réel souvent imbuvable. Ciselé dans le silex de l’inconscient et de l’émotion, le lyrisme de Delabarre n’est pas une fuite ; il introduit le rêve dans la réalité, sans jamais rien omettre de dire, et sans jamais se résigner.

Christophe DAUPHIN

Paru le 1er décembre 2015

Éditeur : Les Hommes sans Epaules éditions

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Laugier

Feuilles bruissantes

« Feuilles bruissantes »

Quand se dessine,
dans le ciel blême,
le tremblement des peupliers,
je suis
dans la respiration des feuilles bruissantes,
fraîcheur
et frisson de lumière.

Novella Cantarutti, 1920-2009, Ultima stella, Éditions fario, 2021.