Proses de l’intérieur du poème

Auteur : Marc Alyn

Proses de l'intérieur du poème

« Lorsque Pierre Seghers, en 1957, me fit la surprise intimidante de publier, sous une couverture balafrée de flammes, quelques-unes de mes “écritures de nuit” formant contraste avec l’accent solaire du Temps des autres, j’ignorais que je m’aventurais au cœur d’un château hanté. Le livre s’intitulait Cruels divertissements ; il regroupait des proses oniriques, parfois narratives, où battait secrètement le pouls du poème. Le titre de l’un des textes, “Prose de l’intérieur du poème”, définissait d’emblée le genre que j’allais explorer et rénover tout au long de ma vie, forme qui n’a guère cessé de m’envoûter. Dans le présent recueil, le lecteur découvrira, à côté des textes originaux en leur version définitive, les récits magnétiques composés à Uzès durant les dix années suivantes, ainsi que maints inédits récents, dont le “Tombeau de Nicolas Flamel”, qui clôt le volume. Entre la tour Saint-Jacques et la rue de la Vieille-Lanterne où Nerval mit fin à ses nuits blanches et noires, l’alchimiste “rembobine sa mort vers des naissances inespérées”. »

Paru le 1er juin 2015

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.