Qu’il vive - Poèmes de René Char

© Stéphane Lavoue

QU’IL VIVE - POÈMES DE RENÉ CHAR
AU THÉÂTRE DU VIEUX-COLOMBIER
Le 3 mars à 15h


Dits par Dominique Blanc de la Comédie-Française, avec Séverine Ballon au violoncelle.
Choix des poèmes de Marie-Claude Char.



La poésie me volera ma mort, prédisait le poète de l’Isle-sur-Sorgue. Trente ans après sa disparition ses mots ne cessent d’irriguer nos vies.
Et Dominique Blanc de porter haut sa parole ardente.
L’archet buissonnier de Séverine Ballon l’accompagne dans sa lecture d’aujourd’hui, comme un lied au long cours.
C’est solaire et nocturne à la fois. Irradiant et blessé. Amoureux et lucide. Intime et légué à tous.

Sophie Nauleau

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.