Quand Simone et Jeannot, sur la péniche-tango de Jean Gennaro

Poème de Jean Gennaro

Si vous allez le dimanche à Conflans
danser le tango sur l’Uranus, la péniche à Luna
vous les verrez enlacés cœur à cœur
évoluant avec grâce et lenteur…

Quand Simone et Jeannot dansent le tango
y a plus rien qui existe
y a qu’eux deux sur la piste
ils se tiennent par les yeux
sans un mot, d’un air triste ils se font du tango.

…et la semaine s’oublie dans les bras de samedi
et les peines s’enfuient sur la pointe des larmes
ils se retrouvent au dancing pour tourner toute la nuit
et donner du charme à leur vie.

Quand Simone et Jeannot dansent le tango
le monde peut s’écrouler
ils éteignent le son
pour se laisser bercer
par le bandonéon
Ils se connaissent par cœur
ces enfants de la sueur que l’aube désunit

…et la semaine s’oublie dans les bras de dimanche
et les peines se noient dans la houle des hanches
ils se voient au dancing pour s’offrir de belles nuits
et donner de l’allure à leur vie

Quand Simone et Jeannot quittent le tango
c’est toujours les yeux cernés d’étoiles
et les chaussures à la main.
« A jeudi au thé dansant ? »
Ils ont ça dans le sang.

Quand Simone quitte Jeannot
c’est toujours le tango qui la ramène
au petit jour à son studio
qui donne sur la Seine.

Extrait de "Pénichienne de Vie", Editions du Valhermeil
Poème diffusé sur des cartes postales poèmes par les postiers pendant le Printemps des Poètes, mars 2007, partout en France.

Poème
de l’instant

Ana Istarú

Saison de fièvre

Yo soy el día.
Mi pecho izquierdo la aurora.
Mi otro pecho es el ocaso.

Je suis le jour.
Mon sein gauche l’aurore.
Le droit, le crépuscule.

Anna Istarú, Saison de fièvre, Traduit de l’espagnol (Costa Rica) par Gérard de Cortanze, La Différence, Éditions Unesco, 1997.