Quand vous serez bien vieux

Claudine Helft

Quand vous serez bien vieux le soir au néon
écrivant quelque triste discours sur le néant
direz lisant mes vers en vous émerveillant
elle me célébrait lorsque j’étais encore blond.

Lors vous n’aurez maîtresse oyant telle chanson
déjà toute en guerre à demi s’éveillant
qui au bruit de mon nom ne s’en aille en tremblant
haïssant nos souvenirs et votre nom.

Je serai belle toute de chair toute de vie
sereine et goûtant un bonheur difficile.
Vous serez alors vieux et presque en habit vert,

regrettant mon amour, mon âme et mon mystère
car voyez-vous il est trop tard pour être habile
et demain déjà s’est écrit aujourd’hui.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.