Quand vous serez bien vieux

Claudine Helft

Quand vous serez bien vieux le soir au néon
écrivant quelque triste discours sur le néant
direz lisant mes vers en vous émerveillant
elle me célébrait lorsque j’étais encore blond.

Lors vous n’aurez maîtresse oyant telle chanson
déjà toute en guerre à demi s’éveillant
qui au bruit de mon nom ne s’en aille en tremblant
haïssant nos souvenirs et votre nom.

Je serai belle toute de chair toute de vie
sereine et goûtant un bonheur difficile.
Vous serez alors vieux et presque en habit vert,

regrettant mon amour, mon âme et mon mystère
car voyez-vous il est trop tard pour être habile
et demain déjà s’est écrit aujourd’hui.

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.