Quatre quatrains pour Omar Khayam

Azadée Nichapour

Je lève à toi ma coupe Omar Khayâm
Précieuse poussière de Nichapour
Frère de Baudelaire, mon amour
Qui enivras de poésie mon âme

Hélas ! Si l’on m’avait prédit qu’un jour
J’irai zoner si loin de Nichapour
J’aurais pris une poignée de sa terre
Les os de Khayâm pour Apollinaire

Point du jour à l’horizon du hasard
Breton, je sais, tu aurais aimé Omar
Libre-penseur, libre-rêveur de l’art
D’aimer la vie avant qu’il soit trop tard

Il était un grand poète autrefois
Début et fin de la vie comme neige
Khayâm, je crois te lire en Bonnefoy
La poésie dure comme sortilège

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.