Quatre quatrains pour Omar Khayam

Azadée Nichapour

Je lève à toi ma coupe Omar Khayâm
Précieuse poussière de Nichapour
Frère de Baudelaire, mon amour
Qui enivras de poésie mon âme

Hélas ! Si l’on m’avait prédit qu’un jour
J’irai zoner si loin de Nichapour
J’aurais pris une poignée de sa terre
Les os de Khayâm pour Apollinaire

Point du jour à l’horizon du hasard
Breton, je sais, tu aurais aimé Omar
Libre-penseur, libre-rêveur de l’art
D’aimer la vie avant qu’il soit trop tard

Il était un grand poète autrefois
Début et fin de la vie comme neige
Khayâm, je crois te lire en Bonnefoy
La poésie dure comme sortilège

Poème
de l’instant

L’ivre de mots

Pleure si tu es un homme.

Stéphane De Groodt, L’ivre de mots, Éditions de l’Observatoire, 2019