Quatre quatrains pour Omar Khayam

Azadée Nichapour

Je lève à toi ma coupe Omar Khayâm
Précieuse poussière de Nichapour
Frère de Baudelaire, mon amour
Qui enivras de poésie mon âme

Hélas ! Si l’on m’avait prédit qu’un jour
J’irai zoner si loin de Nichapour
J’aurais pris une poignée de sa terre
Les os de Khayâm pour Apollinaire

Point du jour à l’horizon du hasard
Breton, je sais, tu aurais aimé Omar
Libre-penseur, libre-rêveur de l’art
D’aimer la vie avant qu’il soit trop tard

Il était un grand poète autrefois
Début et fin de la vie comme neige
Khayâm, je crois te lire en Bonnefoy
La poésie dure comme sortilège

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.