Que dire à ce passant de Marie Chevallier

Que dire à ce passant de Marie Chevallier

Collection Clepsydre

Je verse quelques pauvres larmes
refroidies.

Incubation du silence.

Lorca vampirisé
dort au fond d’un barranco,
chien andalou.

À cinq heures du soir.
À cinq heures du soir.

Il y eut des jours
serrés comme des poings.
En vrac de solitude.

Aggravée.

Née en 1926, Marie Chevallier a consacré sa vie à la poésie et à la littérature hispanique. Elle a créé la revue Cahiers de poésie et de poétique ibérique et ibéro-américaine. Elle a publié de nombreux recueils de poèmes dont Le Reste du temps, en 1976, La Part du feu, en 1981, Pour une même gerbe, en 1990, et Au plein air de la vie brève, en 2001.
Elle a reçu le Prix Marie Noël et le Prix Marceline Desbordes-Valmore.

Paru le 7 octobre 2003

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.