Que restait-il quand tout avait brûlé

Fabienne Courtade

Que restait-il quand tout avait brûlé

On nage ensemble Contre la peau qui se plisse Et se froisse
au milieu des minuscules bulles d’eau

Pour se protéger
Avec du sable
J’avale gorgée après gorgée
Il me protège je me cache
Je bois le sel
dans ses cheveux à la surface

Tout est d’une douceur imparable

Le mouvement du monde
Des voiles

Qui brûle aussi

Poème
de l’instant

Taille-vent

En fait
toujours pas d’où aller – Sauf ma tête
et cette fixité élastique m’exaspère

L’infini dans un crâne

Eva Mulleras, Taille-vent, Éditions Unes, 2022.