Qui surligne le vide avec un cœur fluo ? de Fabrice Melquiot

Qui surligne le vide avec un cœur fluo ? de Fabrice Melquiot

« Je voudrais qu’écrire de la poésie soit la chose la plus simple du monde. Je voudrais que ce soit simple d’en lire. Je voudrais que ce soit donné à tout le monde. Je voudrais que tout le monde sache que c’est simple et que c’est donné. Je voudrais que chaque poème se rêve en amant, ami, père ou musique. Je voudrais que, plus tard, ma fille lise ces poèmes sans penser que son père est un ringard. Je voudrais parler à chacun comme à un ami. Je voudrais que chacun reçoive ces poèmes comme une solide Qui surligne le vide avec un cœur fluo ?poignée de main ou une lente étreinte. Je voudrais que le réel soit au départ et à l’arrivée : la planche d’appel et la chambre d’écho – seule poussière nourrissante. Je voudrais remercier Richard Brautigan et Albert Einstein d’apparaître dans ce livre. Je voudrais revoir certains lieux qui sont comme des gens qu’on a connus : Warang ou Genève, les ghâts de Vârânasî, la baie de Mulrany, la pointe du Hourdel. Je voudrais griffonner la liste des courses et faire l’inventaire des oiseaux en baie de Somme, sur la même page. Je voudrais que chacun sente combien la poésie est l’obsession de tous. »
Fabrice MELQUIOT

Paru le 1er mars 2012

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.