Rafael de Surtis

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Le choeur sauvage de Knut Hamsun

1er mai 2010

Le choeur sauvage de Knut Hamsun

Poèmes, édition de 1927.
Traduction du norvégien par Eva Sauvegrain et Pierre Grouix.
"Cantique des cantiques
Ô, ne me regarde pas, mon roi,
quand tu sors de la salle.
Le soleil m’a noircie à me brûler.
Je suis pourtant une rose de Saron,
je suis pourtant un lis dans la vallée.
Toi, je t’ai appelé, mon roi,
les gardes m’ont entendue languir.
Les filles de Jérusalem m’ont aidée,
nous t’avons découvert dans le jardin
des noisetiers, je n’ai pas lâché ta cape de roi.
[…]
Oh, embrasse-moi, ta (…)

A contre-jour de Laurent Fels

1er mai 2010

A contre-jour de Laurent Fels

"franchir
le seuil
vers
l’inconnu
regard
penché"

Lieux-dits au Féminin pluriel de François Laur

1er avril 2010

Lieux-dits au Féminin pluriel de François Laur

"Côtes, vermeille,
d’azur ou autres.
Il y a quelque frissoulis, rémiges et flots, clapotis
perceptible à peine de salive marine aux franges du
platin, pleurs de goélands sans doute, et, pourtant, là
où les corps divers se mêlent au baissant, c’est le
secret. Bien sûr, goélands et mouettes planent, pi-
quant, cous bandés, coupent de biais non les étendues
outremer ou cobalt, mais les niveaux changeants que
les yeux, guidés, franchissent. Bateliers d’eau et d’air,
les oiseaux : chance auxiliaire (…)

Tout de la nuit est sans nom de Gunvor Hofmo

1er mars 2010

Tout de la nuit est sans nom de Gunvor Hofmo

Traduit du norvégien par Pierre Grouix et Grete Kleppen.
"Je veux rentrer
Je veux lever les yeux vers les étoiles
sur une mer brillante dans la nuit
qui chante, chante :
belle est la nuit
beau est le jour,
aucun d’eux ne périra !
Je veux revenir habiter parmi les hommes -
tel un aveugle
transpercé dans l’obscurité
par l’éclat stellaire du deuil."

<i>Élégies Barbares</i>

1er décembre 2009

Élégies Barbares

"Chaque nuit enfonce ses aiguilles à
l’arrière de la gorge, pour que la parole
soit fille de pauvreté, et difficile. Alors
peut-être cesseront les bavardages et
le dictionnaire deviendra parole. Un
grammairien me jetterait une volée
de déterminants. Moi, je préfère ces
amygdales irritées qui filtrent la voix
de l’arrière du crâne."

Toute la Vérité sur le Cadavre de Paul Sanda

1er décembre 2009

Toute la Vérité sur le Cadavre de Paul Sanda

" Où a-t-on trouvé le cadavre ? Je dis : où ai-je trou-
vé le cadavre ? Et ai-je trouvé la fente du cadavre, ce
que le corps laisse reposer dans le cœur de la viande,
dans l’orifice béant de la chair ? Le corps se déchire,
et la fente trace un étrange losange dans la chair. Une
fente incroyable, sortie de la chair, par la peau et par
la chair. Le corps s’ouvre ; coup sur coup, je le sens
devenir frais. Ce que j’ai su dire de ce corps, c’est à
ton corps de femme peut-être. Ce que tu as pu voir (…)

Coquillages limitrophes

1er octobre 2009

Coquillages limitrophes

"Devant la mer
les murs qui tombent
ne grattons plus
le ciment la brique
ouvrons des fenêtres
autour de nous"

Ecoute flottante

1er octobre 2009

Ecoute flottante

"Eaux, mères de douces rêveries passées au séran
de la langue, pour moi comme pour un qui loue la
volupté […]"

Regagner l'aube

1er octobre 2009

Regagner l’aube

"L’ordre du jour
Calme envers demain ouvrir
Un oeil de grésil à la saignée du jour
Tant de mains perdues à lacer l’aubépine
Les étreintes promises lèvres distraites
La nuit s’ennuage d’étoiles ville basse
Fusains taillés dans les paupières des mots
Lente clarté
L’ordre du jour"

Poème
de l’instant

Rivages oubliés

Nous sommes devenus des noms innombrables
Immigrants ensemble
Les vêtements de la parole sont à présent secs
Et pour les sanglots
Le voyage Accroche des pinces à linge
Là-haut
Sur les cordes du vent.

Gebran Saad, Rivages oubliés, traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey, Éditions LansKine, 2019.