Rafael de Surtis

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Courtes p(r)oses

1er avril 2009

Courtes p®oses

"Jouer avec les mots sans que ceux-ci
nous dévorent.
Elle jette dans la marmite des
méchancetés sa poignée de sels
vénéneux.
Les gens qu’ils invitent refusent.
Il n’y a jamais de festin chez eux."

Supplique pour un sacrifice de Michel Carqué

1er février 2009

Supplique pour un sacrifice de Michel Carqué

"Dédicace.
Chacun, à chaque fois, sort chacun des couteaux
argentés qui, à chaque fois,
rentre dans chacun à la fois.
Ou pour le dire autrement,
faut-il encore écrire sur les mots qui ont déjà été
écrits ?"

sous le souffle de la flamme

1er septembre 2008

sous le souffle de la flamme

"Le sabre fond sous le souffle de la flamme
au bord du chemin, le visage tourné vers l’extrême du jour, Marie habille le monde de ses chimères."

Solstice de Sadou Czapka

1er avril 2008

Solstice de Sadou Czapka

"1. Passeur de temps
Sept heures du matin.
Un bloc rectangulaire de ciel pâle, les premiers
pas du jour se glissent dans la matrice du mouve-
ment.
C’est un lieu privé, il faut parler, il pleut.
Elle entre.
Défaite, dans le chuchotements déjà minés du
jour naissant, ombre portée sous ses yeux, fils abat-
tus, tanière sourde qui mine les contours, elle entre
puis elle attend, droite et abandonnée. (…)

Bleu de l'oubli

1er novembre 2007

Bleu de l’oubli

Ne te retourne pas
Ils sont là
immobiles massés
sur les bords
On a coupé le son
Il neige dans les yeux
comme au commencement

Corridors secrets

1er septembre 2007

Corridors secrets

Dessins de Didier Serplet
"Le corridor est comme l’amour : c’est un état, non pas un état d’esprit, mais une façon d’être avec le temps, qui annule le temps, et retrouve l’éternité dans l’instant. C’est une façon de vivre l’espace de l’amour : vous êtes dedans, et plus précisément dans ce qui vous mène l’un à l’autre par tant de portes, que vous vous trouvez-là devant l’infini…"

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage