Rebâtir les jours

Auteur : Salah Al Hamdani

Rebâtir les jours

« Discrétion de l’averse », « Mots sans racines », « Mirage », « Saison de sel » : les poèmes de ce recueil nous rappellent que Salah Al Hamdani vient d’une région de sable et de vent. Un royaume dévasté par la dictature, les guerres et le terrorisme. Un pays à reconstruire. Avec des mots simples et un lyrisme à la puissance contenue, le poète n’évoque pas seulement l’exil qui est le sien, sa mère restée dans la guerre ou les victimes d’une déchirure qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Il s’attache aussi à la renaissance que lui offre sa terre d’asile, se fait passeur de culture entre les rives de la Méditerranée. J’éprouve de la fierté à publier ce poète d’origine irakienne qui adopte notre langue pour célébrer l’héritage d’Albert Camus et dire sans détour : « Si Bagdad m’a fait naître / la France m’a fait homme ».

EXTRAIT

« Rebâtir les jours à genoux
lorsque l’horizon se noie dans la crue du ciel
et que la forêt n’est plus qu’une flaque brûlée
Je serai de cette génération qui marche à l’envers
portant son arche sur sa tête »

Paru le 1er septembre 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.