Rhizomes

Yael Miller et Donia Berriri -aka Achille- ont beaucoup en commun : chanteuses, pianistes, compositrices, autrices pour qui la question de l’immigration et du multiculturalisme est au coeur des textes, elles naviguent entre plusieurs langues (français, anglais, hébreu d’un côté, français et arabe de l’autre) ; elles ont une formation jazz (piano-trombone pour l’une, piano-saxophone pour l’autre), partagent un goût pour les synthétiseurs analogiques, des influences allant de musiques traditionnelles orientales à Björk en passant par Lhasa de Sela, Nina Simone, Kae Tempest … des préoccupations d’ordre féministe les relient de surcroît. Rhizomes est né de leur rencontre et de la fusion de leurs groupes respectifs. Cette idée de racines entremêlées, au-delà de la richesse et de la source d’énergie qu’elles symbolisent, rappelle la théorie de Deleuze & Guattari sur une structure évoluant constamment et horizontalement, en opposition à la représentation hiérarchique pyramidale de l’organisation des éléments. Ainsi, les deux femmes écrivent, composent et interprètent à 4 mains en français, hébreu, arabe et anglais, revisitent leurs influences communes -sans craindre de mêler des chants traditionnels ou de la poésie contemporaine à l’électro-acoustique, laisser place à des plages instrumentales ouvertes, le temps d’un récit à deux voix, à la croisée de leurs chemins.

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