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Le soleil vient d'en face

18 août 2021

Le soleil vient d’en face

Dans ce qui m’est apparu comme un long poème élégiaque qu’Emmanuelle Favier aurait pu écrire d’une seule traite, mais résulte d’un assemblage de textes publiés en revues entre les années 2013 et 2020, sa maîtrise de la langue fascine. La manière dont elle en joue, les registres qu’elle utilise pour traiter du plus intime, passant d’une apparente simplicité formelle aux sophistications du style, rappellent qu’elle est aussi une romancière d’exception : sa prose exalte sa poésie, comme sa « condition de (…)

Les convoyeurs attendent - Journal sauvage

14 octobre 2020

Les convoyeurs attendent - Journal sauvage

Ce mur
je le côtoie chaque jour
on se connait
comme la mer la falaise
je ne sais ce qu’il défend
et empêche de voir
je sais
qu’il empêche de passer
J’écris dessus
c’est à cela qu’il me sert

<i>13 poèmes composés le matin (pour traverser l'hiver)</i>

1er septembre 2017

13 poèmes composés le matin (pour traverser l’hiver)

Il y a des hivers de l’âme et des brumes sans répit, des ombres qui passent entre le temps qui nous reste et la joie qui nous échappe.
Il y a des hivers de l’âme où tout croule dans le grand froid qui s’empare de nos rêves.
Il y a des hivers de l’âme et des petits matins sans fond qu’on traverse à coups de rames et les mots se muent en avirons de fortune, en barcasses pour Prométhée – le feu qu’on vole, le foie qu’on nous dévore, les grands vautours noirs qui tournent et puis nous qui construisons des (…)

<i>33 poèmes composés dans le noir</i>

1er septembre 2015

33 poèmes composés dans le noir

« Trente-trois, j’en ai voulu trente-trois, sans doute pour l’âge de mourir bien ou de vivre encore mieux » nous dit l’auteure à la fin de son recueil. 33, donc, comme l’heure de faire un point, presque photographique, sur une mythologie du corps et de l’âme qui tente sans cesse d’explorer les « mécaniques du désir / à recommencer le monde ».
Cheminant à tâtons dans le noir, comme on traverse la nuit pour atteindre l’aube, Adeline Baldacchino nous emmène dans un étrange périple entre Samarcande et Pégase, (…)

Le corps noir du soleil

1er mars 2015

Le corps noir du soleil

Dans ce troisième volet, après Tombeau pour sept frères et Les Saisons d’Aden, l’auteure de graphie française née à Tunis nous conte la geste d’Iskander, c’est-à-dire Alexandre le Grand qui, ayant atteint les limites du monde et vu le soleil se lever à l’Orient et à l’Occident, a rendez-vous avec sa mort dans la cité de Babylone. Il revoit et revit des moments du voyage initiatique que fut sa vie.
Avec des calligraphies d’Hassan (…)

La femme de craie d’Erik Poulet-Reney

1er février 2015

La femme de craie d’Erik Poulet-Reney

célébration du corps, du mouvement, de la grâce, et de l’esprit de la danse.
Arrivée en France en 1971, danseuse et chorégraphe américaine, Carolyn Carlson est l’héritière des conceptions du mouvement et de la pédagogie d’Alwin Nikolais. Elle joue un rôle essentiel dans l’effervescence de la danse contemporaine en France et en Italie. Son travail qu’elle nomme poésie visuelle approche la philo-sophie et la spiritualité. Elle a créé plus d’une centaine de pièces qui ont contribué à enrichir singulièrement (…)

L’assèchement du Zuiderzee

1er octobre 2013

L’assèchement du Zuiderzee

"Cette nuit ma farouche
La mer
Est plus forte plus libre
Plus longues les marées
Que la cohorte
De camions qui peinent
A l’assèchement…."

Conversation à l'intérieu d'un mur

1er décembre 2011

Conversation à l’intérieu d’un mur

Werner Lambersy nous a fait l’amitié de nous confier une Conversation placée sous le signe d’un poème de Guillevic. Le mur, c’est peut-être nous-mêmes qui avons tant de mal à sortir nos paroles, à les offrir à ceux que nous aimons, mais il s’agit peut-être aussi des apparences, du prétendu réel derrière lequel, ou au cœur caché duquel, tout se joue. Dans les deux cas, la parole poétique, telle un pic de mineur, entame un peu la paroi et laisse filtrer des bribes (…)

<i>Le Cadre et le clou, notes d'atelier</i>

1er septembre 2011

Le Cadre et le clou, notes d’atelier

Ces notes ont été rédigées durant les longues périodes de travail solitaire dans l’atelier. Sans doute dialoguais-je avec moi-même, à mon insu. Aussi le soir, après avoir déposé mes pinceaux, il n’était pas rare que je trouve sur la table jouxtant mon chevalet quelques lignes écrites à la hâte dont je ne me souvenais pas les avoir rédigées. Cet ensemble esquisse donc un parcours personnel, mais également celui de nombreux compagnons de route qui se sont extraits de l’anonymat sans pour autant accéder à la (…)

Poèmes 1986 - 1991

1er février 2011

Poèmes 1986 - 1991

"Car le vent
en vérité se désespère
amant qui a perdu son corps
saint vêtu
de mouches et de baisers."

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.