Rivale, un jour je te viendra…de Marina Tsvétaïeva

Rivale, un jour je te viendrai ;
La nuit plutôt, au clair de lune,
Quand dans l’étang crie le crapaud,
Et quand délire la pitié.

Et, attendrie par le battement
Jaloux de tes paupières,
Je te dirai : je ne suis pas,
Je suis un songe et tu me rêves.

Et je dirai - console-moi,
Mon coeur blessé se tord,
Et je dirai - le vent est frais,
Le ciel brûle d’étoiles.

8 septembre 1916

in Le ciel brûle, Gallimard, 1999

Poème
de l’instant

Coplas

La vérité vraiment vraie
jamais ne se cache en l’obscurité,
elle se cache en la pleine clarté.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.