Rivale, un jour je te viendra…de Marina Tsvétaïeva

Rivale, un jour je te viendrai ;
La nuit plutôt, au clair de lune,
Quand dans l’étang crie le crapaud,
Et quand délire la pitié.

Et, attendrie par le battement
Jaloux de tes paupières,
Je te dirai : je ne suis pas,
Je suis un songe et tu me rêves.

Et je dirai - console-moi,
Mon coeur blessé se tord,
Et je dirai - le vent est frais,
Le ciel brûle d’étoiles.

8 septembre 1916

in Le ciel brûle, Gallimard, 1999

Poème
de l’instant

« Élégie I », Les Tristes

Va, petit livre, j’y consens, va sans moi dans cette ville où, hélas ! il ne m’est point permis d’aller, à moi qui suis ton père ; va, mais sans ornements, comme il convient au fils de l’exilé…

Les Tristes
Traduit du latin sous la direction de M. Nisard