Romances sans paroles de Verlaine

Romances sans paroles de Verlaine

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Tristesse et douceur dans cette première strophe d’une des « Ariettes oubliées » que Verlaine écrit en 1872. Loin du romantisme et de son alexandrin majestueux, Romances sans paroles s’essaie aux vers courts et, plus incroyable encore, aux vers impairs ! La révolution poétique est en marche, et avec elle une nouvelle incarnation de son créateur : le poète maudit. Aux côtés de Paul, Arthur Rimbaud, Tristan Corbière ou Charles Cros. Malgré leurs différences, ils ont tous une visée commune : lutter contre l’ordre moral qui sévit après la Commune. La poésie frémit et gronde à la fois : c’est beau.

+ un dossier en quatre parties :
Je découvre
J’analyse
Nous avons la parole
Prolongements

Classe de troisième.

Paru le 9 février 2017

Éditeur : Gallimard jeunesse

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

La panthère des neiges

L’affût commande de tenir son âme en haleine. L’exercice m’avait révélé un secret : on gagne toujours à augmenter les réglages de sa propre fréquence de réception. Jamais je n’avais vécu dans une vibration des sens aussi aiguisée que pendant ces semaines tibétaines. Une fois chez moi, je continuerais à regarder le monde de toutes mes forces, à en scruter les zones d’ombre. Peu importait qu’il n’y eût pas de panthère à l’ordre du jour. Se tenir à l’affût est une ligne de conduite. Ainsi la vie ne passe-t-elle pas l’air de rien. On peut tenir l’affût sous le tilleul en bas de chez soi, devant les nuages du ciel et même à la table de ses amis. Dans ce monde il survient plus de choses qu’on ne le croit.

Sylvain Tesson, La panthère des neiges, Éditions Gallimard, 2019.