Roubaiyat de printemps

Roubaiyat de printemps

poèmes de Salah Jahine * illustrations de Walid Taher
traduit de l’arabe (dialecte égyptien) par Mathilde Chèvre

Les Roubaiyat sont des quatrains. Philosophiques, humoristiques, ludiques, ils s’achèvent toujours par une exclamation déconcertée ‘agabî ! (que l’on a traduite par « bizarre, bizarre ! »). Les poèmes sont écrits en dialecte égyptien et jouent avec la truculence de cette langue. Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l’innocence, l’absurdité du monde, son origine, sa cruauté… Si les thèmes sont universels et peuvent interpeller tout un chacun, la formulation et les images sont typiques d’un humour égyptien teinté de maalich (un concept fait de fatalisme et de nonchalance). Ainsi les Roubaiyat sont tout à la fois une méditation existentialiste et une invitation au voyage qui peut emporter les petits et les grands.

Après Roubaiyat – Quatrains égyptiens (2015) consacré à l’enfance, Plumes et poils de Roubaiyat (2016) quatrains sur les animaux et Par la fenêtre des Roubaiyat (2017) quatrains urbains, ces Roubaiyat de printemps sont dédiées aux joies et tristesses de la nouvelle saison !
Ces poèmes du grand auteur, caricaturiste, scénariste et poète égyptien Salah Jahine sont pour la première fois traduits en français et publiés en version bilingue.

Texte de l’éditeur.

Paru le 1er mars 2018

Éditeur : Le Port a jauni

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.