Rumeur des Ages

A notamment édité les poètes dans le cadre du Printemps des Poètes 2004 et de la Rochellivre

Ma peau est fenêtre d’avenir de Tanella Boni (2004)
La sève des jours de Nestor Rabearizafy (2004)
Ton rire est une aube inconnue de Fils-lien Ely Thélot (2004)

Ne publie plus de poésie et ne souhaite pas recevoir de manuscrit

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Ma peau est fenêtre d’avenir

1er février 2004

Ma peau est fenêtre d’avenir

car tes mains saignent encore de devoir
serrer d’autres mains tissées de ruse
rivées aux sources de la déchirure des voix
seul lieu qui panse en gerbe nos plaies
où suppure la haine de l’autre
mais ta peau ne dort pas
à l’ombre des maux du monde
ta peau est fenêtre d’avenir
vers un lointain futur
dont tu traces les lignes
avec la fine pointe de tes yeux

La sève des jours*

1er février 2004

La sève des jours*

Je crée
J’écris
Ton corps
Je veux natter
Tes brillants cheveux
D’ébène
Avec le chanvre
De mes mots
* Ne pas confondre cet ouvrage avec le CD éponyme de Tahar Bekri.

Ton rire est une aube inconnue

1er février 2004

Ton rire est une aube inconnue

Enfant
Aimable et bel enfant
Ton rire est une aube inconnue
Il y a de la lumière dans chacun de tes gestes
Ton innocence est le plus grand miracle du monde
Mais ne demande pas à la flûte d’avouer
Ses meurtrissures

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.