Rupture d’équilibre

Auteur : Paul de Brancion

Rupture d'équilibre

Dans Rupture d’équilibre , Paul de Brancion tente une autre aventure avec les mots. Il compte bien nous restituer des fragments de son amour pour un cheval unique, perdu, battu, et sauvé par lui du désastre. Par moments, on songe à la poésie d’André Velter dans son Zingaro suite équestre. Simplicité, concision et force jamais tranquille. Un cheval fou nous interpelle. Un cheval au galop s’élance face au vide, image-miroir de nos errances humaines.
Paul de Brancion nous offre ici un texte en fragments où l’animal s’impose, digne, vivant. Cela peut se lire comme le court récit de nos existences muettes.

Aujourd’hui
je sais qu’il sait
que mon calme est factice
mon attitude
l’emplit de complaisance
envers moi
je me contrains à
la courtoisie
à son égard
jusqu’à un certain point

plus tard
lorsque seul dans le box
hurlerai de colère
me roulerai
dans la paille
de l’affront qu’il m’a fait
en ne me donnant
pas
le meilleur de lui-même

Illustrations d’Hervé Borrel.

Paru le 1er janvier 2017

Éditeur : La Passe du Vent

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.