S’il en fait vivre quelques uns…

Gil Jouanard

S’il en fait vivre quelques uns,
l’espoir ne manque jamais
d’en faire mourir plusieurs.

Mais, à vrai dire,
pour vivre ou pour mourir,
faut-il vraiment s’en remettre
à l’espoir ?

L’âne a-t-il besoin de carotte
pour se mettre en marche ?

C’est quand on a cessé d’espérer
qu’on peut voir surgir l’inespéré.

Car, de l’espoir, qu’attendre,
sinon, au pire, déception
et au mieux, s’étant cru comblé,
la démythification ?

(« Ah, c’était donc seulement
cela
que l’on espérait ? »)

Seul l’inespéré
donne à la vie
le goût de vivre.

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Poème
de l’instant

L’Oiseau en liberté

L’oiseau qui passe là-bas,
L’oiseau léger
Qui bat des ailes
Et fend l’air là-bas à l’horizon,
N’a rien à lui au monde,
Mais comme il est joli
En liberté !

Claude-Joseph M’Bafou-Zetebeg, « L’Oiseau en liberté », Anthologie africaine : poésie , Éditions Hatier, 2001.