Sainte horreur du poème

Auteurs : Zéno Bianu, Dominique Sampiero

Sainte horreur du poème

"Écoutez cette écriture naufragée. Mais doucement naufragée. Sainte horreur du poème pour faire dire au poème tout ce qu’il ne peut dire. Pour le hérisser en scintillements d’impossible. Sainte horreur, sans doute, de tout poème qui ne serait pas ce lâcher-prise où la langue se délivre d’elle-même. Écoutez. Pas de round d’observation. Les mots poussent de toutes parts, entre étoiles et poussière. Le poème ? Pur désir de vertige, au plus amoureux de la langue. La parole ? Une vraie chair d’esprit, en prise sur toutes les brèches. Le monde ? Une chambre des souffles. Oui, écoutez cette langue ouverte, cette langue qui veut s’ouvrir entièrement. S’ouvrir à nos âmes fripées, à nos sexes déchirés, à nos voix blessées."
Zéno Bianu

Collection Terre de poésie.

Paru le 1er octobre 2003

Éditeur : Lettres Vives

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.