Satori Express

Auteur : Zéno Bianu

Satori Express

À la fois célébration, méditation et variation, Satori Express revisite une certaine tradition de l’éloge (Gérard de Nerval, Antonin Artaud, Roger Gilbert-Lecomte, Joë Bousquet, Jean- Pierre Duprey, Herman Melville, Jack Kerouac) et de l’hommage aux lieux « électifs » (Venise, New York, Bénarès). Zéno Bianu consacre également un chapitre aux grandes figures jazzistiques qui l’ont inspiré, notamment Thelonious Monk et John Coltrane. Le rythme, les scansions, les courtes proses en interludes, les poèmes de configurations typographiques différentes, tout entend ici participer d’une unité démultipliée, d’un chant en modulations constantes. Il s’agit de transmettre quelque chose d’irremplaçable : une présence ardente au monde. Peu de mots, mais un univers de résonances : une mosaïque d’états émotionnels, un traité des instants accomplis. Le projet d’une poésie qui n’en finirait pas d’émettre son magnétisme.

Paru le 1er janvier 2016

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.