Se jeter à l’eau de Geneviève Casterman

Se jeter à l'eau de Geneviève Casterman

Dos crawlé, brasse coulée, nage papillon, plonger, apprendre à nager, sauter, couler, boire la tasse, remonter, reprendre son souffle, trouver sa vitesse de croisière, garder la tête hors de l’eau… À la piscine, c’est un peu comme dans la vie : on commence tous par se jeter à l’eau.

C’est une longue piscine qui se déroule sous nos yeux, de la petite à la grande profondeur. Du nageur assuré à l’apprenti plongeur, ils sont tous là pour nager, chacun à sa manière.

Le livre se déploie en accordéon : on commence par les petits, l’eau se fait découverte, crainte ou victoire. Puis vient l’assurance, le jeu, les premiers exploits. Enfin, les nageurs confirmés se lancent dans des séries de longueurs, parfois de manière hypnotique…
En famille, entre amis, avec l’école, la piscine devient lieu de retrouvailles.

Alors que papillonnent sous nos yeux plus de 150 nageurs, Geneviève Casterman nous plonge dans ses pensées, celles qui flottent à la surface de sa tête au cours d’une séance de longueurs.
Car nager ne l’empêche pas d’observer ses voisins de couloir : leur attitude ou leurs postures, comme si la piscine se transformait en gigantesque laboratoire de l’humanité…

Le dessin de Geneviève Casterman, entre ligne claire et dessin de croquis, foisonne de détails qui font sourire par leur justesse.

Un regard qu’elle pose avec tendresse et humour, à mettre entre toutes les mains !

Paru le 1er novembre 2018

Éditeur : Esperluète Editions

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.