Sebastian Reichmann

Né en Roumanie en 1947, publie son premier recueil de poèmes, Geraldine, en 1969, suivi de L’acceptation initiale, en 1971 (tous les deux en roumain). Harcelé par la censure, incriminé comme « surréaliste » par les gardiens de l’idéologie au pouvoir, mais soutenu en même temps par des poètes et des critiques importantes, il quitte son pays et s’exile à Paris en 1973. Débute en français dans la revue Minuit (des éditions du même nom) en 1977, avec des textes accompagnés par les dessins de Jacques Hérold, qui l’avait chaleureusement encouragé dès son arrivée en France. Il a publié, à partir de 1982, huit livres de poèmes en français. Après l’obtention d’un doctorat de troisième cycle à l’EHESS en 1981 et une année d’études post - doctorales à l’Université de Berkeley, a travaillé d’abord comme chercheur associé au CNRS, et par la suite comme psychothérapeute en milieu hospitalier. Il a également traduit en français plusieurs poètes roumains contemporains, dont trois livres du poète surréaliste Gellu Naum, qui avait été son grand ami depuis 1967, ainsi que des poètes américains comme Jerome Rothenberg ou Philip Lamantia. A publié également des poèmes, des essais et des traductions dans de nombreuses revues françaises et étrangères (Poésie – Association Maison de la Poésie de la ville de Paris, La traductière, Po&sie, Poetry International (San Diego), Nea Syntheleia (Athènes), Herzattacke (Berlin), Pandora (Prague), etc.).

Extrait

Pendant que le monde parle

pendant que le monde parle
dans l’océan publicitaire
-  le monde se tait - dit le père
voici pour les années – mensonge
à son fils roussi par l’espoir
nouveau et éphémère
comme un vin nouveau
condamné à rester
oublié à jamais
dans sa dame – jeanne d’emprunt
habillée de raphia et de poussière

Bibliographie

  • La Moquette de Klimt, Non Lieu (coll. Poésie Non Lieu), 2012, enluminures de Tomas Frybert.
  • Le livre-Varappe, Vinea (Paris-Bucarest), 2012, illustrations de Pierre Dubrunquez.
  • L’Unité a déménagé dans le monde d’en face, L’Harmattan (coll. Levée d’encre), 2010, photographies de Gheorghe Rasovszky.
  • Le pont Charles de l’Apocalypse, Dumerchez, 2003, couverture de Colette Brunschwig.
  • Cage centrifuge, L’Harmattan (coll. Levée d’ancre), 2003, aquarelles de Pierre Dubrunquez.
  • Audience captive, Editions Samuel Tastet, 1988, illustrations de Perahim.
  • Pour un complot mystique, Vrac 1981, illustrations de Marcel Dhoye.
  • Balayeur devant sa porte, L’improviste, 2000, illustration de Lygia Naum.